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ONG ET COUVERTURE MÉDIATIQUE DES CONFLITS DES GRAPHES POUR Pourquoi les ONG deviennent-elles des sources de plus en plus infuentes dans la couverture média- COMPRENDRE tique des confits armés ? Les médias sont de plus L’ANXIÉTÉ SOCIALE en plus demandeurs d’informations factuelles venant du terrain suite aux problèmes de fnance- Nous présentons tous, dans une certaine ment de correspondants mais aussi à la multipli- mesure, des symptômes liés à des troubles cation de risques pour la sécurité des journalistes. psychiatriques sans pour autant développer Les grandes ONG transnationales sont devenues de tels troubles. Ce phénomène est particuliè- à même de répondre à cette demande, en déve- rement vrai pour les symptômes d’anxiété et loppant une communication professionnelle de dépression. Par exemple, de nombreuses basée sur la production de savoirs précis, vérifés, personnes peuvent présenter des symptômes et utilisables par les médias. L’étude illustre cette d’anxiété sociale, tels que la peur ou l’évi- argumentation à travers l’exemple de la couver- tement de certaines situations interperson- ture médiatique de la guerre en Syrie. Au début nelles, sans pour autant développer un tel du confit, les ONG de plaidoyer (amnesty interna- trouble. Inspirés par la théorie des graphes, tional, Human Rights Watch…) ont réussi à attirer les scientifques de cette étude ont comparé l’attention sur les nombreuses violations des droits la topographie d’une représentation en réseau de l’homme et ainsi à proposer une lecture mora- (ou graphe) du niveau de peur ainsi que de liste du confit. Dans les années suivantes, les ONG la fréquence des comportements d’évitement locales, comme l’observatoire syrien des droits de provoqué en réponse à un large ensemble LA MÉMOIRE DES PENSÉES l’homme, sont devenues une source inévitable de situations sociales auprès d’individus ne d’informations factuelles, grâce à leurs réseaux souffrant et ne souffrant pas d’anxiété sociale. Notre vie mentale se construit autour de ce que nous d’informateurs sur le terrain. Bien que de nombreuses situations suscitent percevons par nos sens, mais aussi à travers nos Media, War & Confict - How do non-govern- de facto de la peur ou des comportements pensées et sentiments. Une récente étude d’image- mental organizations infuence media coverage d’évitement dans les deux groupes, les résul- rie cérébrale montre que la mémoire de ces deux of confict? The case of the Syrian confict, tats indiquent que l’intensité cumulée de la types d’information active des régions cérébrales 2011–2014 force des associations dans le réseau permet communes (comme le lobe temporal médian) mais signifcativement de différencier les patients que la mémoire des pensées recrute également des Christoph Meyer, PhD souffrant d’anxiété sociale des individus régions spécifques (notamment le cortex préfrontal Eva Michaels, PhD ne présentant pas un tel trouble. Ces don- médian) nous permettant de refaire l’expérience Eric Sangar, PhD nées suggèrent que l’intensité cumulée des d’états mentaux du passé. La mise en lumière de Chargé de recherches F.R.S.-FNRS connexions de la représentation en réseau ces mécanismes de remémoration des pensées Sciences politiques, sociales et de la des symptômes pourrait constituer, à terme, devrait permettre de mieux comprendre comment communication - UNamur un bien meilleur indicateur de risque de déve- nos réfexions et évaluations sur le monde, les autres loppement de l’anxiété sociale que la simple et nous-mêmes guident nos décisions et comporte- présence ou l’intensité de ces symptômes en ments. tant que. Cerebral Cortex - Differential contributions Cognitive Therapy and Research-Social of default and dorsal attention networks to anxiety disorder as a densely interconnec- remembering thoughts and external stimuli from ted network of fear and avoidance for social real-life events situations Arnaud D’Argembeau, PhD Alexandre Heeren, PhD Maître de recherches F.R.S.-FNRS Chercheur qualifé F.R.S.-FNRS David Stawarczyk, PhD Sciences Psychologiques & Neuroscience, Chargé de recherches F.R.S.-FNRS UCL Psychologie et Neuroscience Cognitives, ULiège RENDRE L’IMMUNOTHÉRAPIE PLUS EFFICACE L’immunothérapie est effcace pour soigner les cancers métastatiques agressifs et avancés, mais seulement chez un quart à un tiers des personnes traitées. Grâce à des expériences réalisées chez la souri, les chercheurs ont pu mettre en évidence une partie du mécanisme d’action responsable de l’échec de l’immunothérapie. Il semblerait que les cellules (lymphocytes), capables de repérer, cibler et tuer les cellules anormales, soient éliminées par un type de cellule provenant de la tumeur. Ces cellules aident les tumeurs à éviter le système immunitaire en éliminant les lymphocytes. Ce travail ouvre une nouvelle voie de recherche afn de rendre l’immunothérapie effcace chez tous les patients. Nature - Resistance to cancer immunotherapy mediated by apoptosis of tumor-infltrating lymphocytes Benoît Van den Eynde, MD PhD Institut de Duve/ Ludwig Brussels, UCL
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