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L’AUTO-INTOXICATION POUR SURVIVRE Les bactéries possèdent une arme redou- table qui est le système toxine-antitoxine (TA). Composé d’une protéine toxique inhi- bant les fonctions essentielles de la bactérie hôte et d’une protéine antidote, contrecar- rant l’activité de la toxine, ce système ingé- nieux leur permet entre autres de survivre en présence d’antibiotique en ralentissant leur croissance. Pour croitre, les bactéries doivent synthétiser des protéines, grâce entre autres à l’ARN de transfert initiateur (tRNA). Sans celui-ci aucune synthèse pos- sible donc aucune croissance. En présence d’AtaT, une nouvelle toxine bactérienne, le tRNA initiateur est modifé et devient inca- DES CRÊTES IMPOSANTES EN ANTARCTIQUE pable d’interagir avec les autres facteurs de traduction. Aucune synthèse de protéine D'énormes crêtes sédimentaires – hautes comme la tour Eiffel – se cachent sous la calotte antarctique. Il est courant n’est donc possible. Ce travail révèle un nou- que la glace à la base des calottes soit incisée pour former des chenaux d'évacuation pour l'eau de fonte. Plus ces veau mécanisme moléculaire permettant de chenaux se rapprochent de l'océan, plus ils s'agrandissent et l'eau qui y circule décélère, ce qui force les sédiments bloquer la traduction et met en évidence le en suspension dans l'eau à se déposer formant ainsi ces fameuses crêtes appelées « eskers ». Si ces structures tRNA initiateur comme une cible de choix sédimentaires sont communes dans les paysages déglacés de Scandinavie et d'Amérique du Nord, c'est la première pour inhiber la croissance des bactéries. fois que l'on observe de telles structures sous une calotte contemporaine. Les eskers observés dans la nouvelle étude sont en outre 5 fois plus hauts que les eskers « reliques » et entaillent fortement la glace qui les recouvre. Nat Chem Biol. - AtaT blocks translation initiation by N-acetylation of the initiator Nature Communications - Actively evolving subglacial conduits and eskers initiate ice shelf channels at an tRNAfMet Antarctic grounding line Milda Jurénas, doctorante Sophie Berger, doctorante Aspirant F.R.S.-FNRS Aspirant F.R.S.- FNRS Laurence Van Melderen, PhD Reinhard Drews, PhD Génétique et Physiologie Bactériennes, ULB Frank Pattyn, PhD Laboratoire de Glaciologie, ULB ++ http://www.nature.com/ ++ https://www.nature.com/articles/ncomms15228 nchembio LA CALOTTE PLUS VULNÉRABLE QUE PRÉVU COUP DE CHAUD Une équipe de chercheurs ont découvert de grandes d'eau de fonte a été l'un des mécanismes déclencheurs quantités d'eau de fonte à la surface de la calotte de la désintégration spectaculaire de la plateforme de SUR LA PLANÈTE Antarctique, non loin de la station princesse Elisabeth, glace « Larsen B » en 2002. La prochaine période de glaciation aurait déjà dans une région où la fonte de surface était jusqu'ici Nature Climate Change - Meltwater produced by wind– dû s’amorcer mais elle n’aura pas lieu. L’activité considérée comme négligeable. Ils expliquent la pré- albedo interaction stored in an East Antarctic ice shelf humaine a détraqué un système pourtant extrême- sence de cette eau par un cercle vicieux où des vents ment bien rodé. Depuis 3 millions d’années, le pas- relativement chauds et constants balayent la neige et Sophie Berger, doctorante sage d’une ère glaciaire à une ère interglaciaire réchauffent la surface, ce qui rend cette dernière plus Aspirant F.R.S.- FNRS est lié aux lents changements de l’orbite de la Terre apte à absorber la lumière du soleil et accentue de Dr. Reinhard Drews, PhD autour du soleil ainsi qu’à l’inclinaison de son axe facto son réchauffement et sa fonte. Cette découverte Prof Frank Pattyn, PhD de rotation. Pour mieux comprendre l’action de est d'importance et de mauvais augure car la présence Laboratoire de Glaciologie, ULB ces éléments astronomiques, il fallait cependant répertorier chaque transition complète entre une ++ http://www.nature.com/nclimate/journal/v7/n1/full/nclimate3180.html période glaciaire et une période interglaciaire. Ce travail accompli, les chercheurs ont découvert que le rythme de ces déglaciations obéit une loi mathématique avec une précision métronomique. Cette loi combine la quantité d’énergie reçue du Soleil sur tout l’été avec le temps écoulé depuis la dernière déglaciation. Nature - A simple rule to determine which insolation cycles lead to interglacials Michel Crucifx, PhD Maître de recherches F.R.S.- FNRS Earth and Life Institute, UCL ++ http://www.nature.com/nature
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